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Coups de coeur

Faites-nous partager vos lectures !

Chaque mois, nous publions sur cette page vos commentaires et critiques d’un roman, d’une nouvelle, d’un documentaire ou d’une bande dessinée, que vous avez apprécié !

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"Mercy, Mary, Patty" de Lola Lafon

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : LAFO lolalafon

Lola Lafon revisite l'icône Patricia Hearst

Féminisme dans son dernier roman «Mercy Mary Patty», l’écrivaine livre un roman dense et exigeant, relatant l’enlèvement d’une jeune fille qui embrassera les thèses de ses ravisseurs.

Patricia Hearst, dite Patty ou Tania, est l’héroïne presque évidente du dernier roman de Lola Lafon, qui confirme ici sa noble mission romanesque: celle de faire parler, archives et documents compulsés jusqu’à l’écœurement, des jeunes femmes qui, voulant devenir maîtresses de leur destin, voient leur image récupérée tant par la vindicte populaire que par des médias et instances politiques pas tranquilles face à ces voix discordantes. En 2014, c’est à Nadia Comaneci et aux traces laissées dans l’imagerie communiste par l’image trop parfaite de la gymnaste que la romancière s’attaquait, dans un livre aussi dense que son dernier-né, et où, déjà, elle brouillait les pistes entre thèse et œuvre littéraire.

Avec «Mercy Mary Patty», Lola Lafon propose une nouvelle cartographie des élans féministes et des moyens déployés afin de les tuer dans l’œuf, en auscultant l’enlèvement de la petite-fille du magnat de la presse William Randolph Hearst, gamine plutôt rangée que son éducation dans des écoles privées a rendue passive, acceptant son sort de future femme du monde à qui on ne demanderait pas plus qu’une politesse et une tenue silencieuses.

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"Le grand combat" de Ta-Nehisi Coates

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote: 39 COAT compat

Ta-Nehisi Coates mène le "grand combat" des Noirs américains, avec des mots

D’une jeunesse à West Baltimore où tout pouvait à tout moment déraper, l’écrivain tire un récit flamboyant, violemment critique, mais jamais manichéen

Ta-Nehisi Coates, c’est l’histoire d’une rédemption chauffée au fer rouge de la révolte. Celle d’un gamin né au pire endroit dans les quartiers les plus durs de Baltimore, en 1975, avec le crack et la violence pour seuls horizons. Grâce à un père exemplaire – et à quelques coups de pouce du destin –, ce gamin-là allait s’en sortir en échappant à «l’étoile chourave» qui avait été déposée dans son berceau. Aujourd’hui, à 42 ans, Ta-Nehisi Coates est le fer de lance d’une nouvelle garde d'intellectuels afro-américains plus radicaux que leurs prédécesseurs, plus proches de James Baldwin ou de Malcolm X que de Martin Luther King.

Racisme

Leur bréviaire, c'est Une colère noire – traduit l’an dernier aux Editions Autrement –, un brûlot épistolaire où, à l’attention de son jeune fils, Coates décrit une Amérique gangrenée par le racisme et la discrimination, après être passée du «rêve» au «pillage» malgré les promesses du multiculturalisme – une illusion, aux yeux de Coates, qui ne croit pas à l’avènement d’une ère post-raciale. «Tu sais à présent, lance-t-il à son fils, que les services de police de ton pays ont été dotés du pouvoir de détruire ton corps. Les auteurs de cette destruction auront rarement des comptes à rendre. Pour la plupart, ils percevront leur retraite.»

Ange gardien

Avant de publier ce pamphlet au vitriol – National Book Award 2015 –, Coates avait signé en 2008 un récit autobiographique poignant, ce Grand Combat où il retrace les deux premières décennies de sa vie en racontant comment il a ramé à contre-courant pour ne pas sombrer, comme tant d’autres enfants perdus du West Baltimore des années 1980. Une jungle où l’on ne cesse de «casser du négro», où les caïds font la loi, où s’affrontent gangs et bandes rivales gorgées de drogue. Et, surtout, où le crack fait les pires ravages. «Il était partout et, même si je n’avais jamais vu le calumet d’un camé, sa fumée noircissait tout et transformait notre ville en Gomorrhe du Maryland», se souvient Coates, avant d’évoquer la figure si attachante de celui qui, parfois à coups de taloches, l’a empêché de mal tourner: son père, Paul Coates, un ange gardien auquel il rend un formidable hommage.

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"Miss Dumplin" de Julie Murphy

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : MURPdumplin

Coup de coeur de Madame Pascale Spicher, enseignante de psychologie

Willowdeen ne s'est jamais préoccupée de son corps. Oui, elle est ronde, et alors ? Comme elle le dit toujours, un corps parfait pour la plage, c'est son corps dans un bikini, pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle se retrouve à travailler au fast-food du coin et qu'elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom. Et autant Will n'est pas du tout surprise de le trouver attirant, autant elle est sous le choc lorsqu'il lui vole un baiser. Mais au lieu de se sentir pousser des ailes, Will commence à douter. Comment peut-il l'aimer quand le monde entier dit que les filles comme elle doivent être cantonnées aux seconds rôles ?

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"Les règles d'usage" de Joyce Maynard

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : MAYN

La vie après le 11 septembre maynard

Son roman a été l’un des premiers à s’emparer par la fiction de l’attentat du World Trade Center à New York. Paru en 2003 en anglais, il est enfin traduit chez l’éditeur Philippe Rey, qui nous fait (re)découvrir Joyce Maynard depuis Long week-end en 2010. Les règles d’usage raconte l’année qui suit le 11 septembre 2001 dans la vie de Wendy, 13 ans, dont la mère travaillait dans une des tours.

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"Purity" de Jonathan Franzen

Disponible à la bibliothèque-médiathèque en français sous la cote : FRAN

Jonathan Franzen fait le procès de la Toile

franzen purity

«Purity», roman monstre, fresque pointilliste, dessine la marche du monde avec, en son cœur, ce qui est devenu un septième continent, Internet 

Bienvenue en enfer! Dans ses très incorrectes Corrections, le cultissime Jonathan Franzen passait au hachoir l’une des grandes institutions de son pays – la famille – en posant son zoom sur un petit clan calamiteux, les tristement emblématiques Lambert, un inépuisable catalogue de névroses et de frustrations à eux seuls. Avant de faire à New York ses gammes de romancier, Franzen avait travaillé dans un labo de sismographie de Harvard, de quoi devenir un spécialiste des séismes quand il prendrait la plume. C’est donc un autre délabrement qu’il allait mettre en scène dix ans plus tard – en 2011 – dans le magistral Freedom, qui scanne la lente désagrégation d’un couple, sur les décombres du 11-Septembre. Grabuge des amours, débâcle des cœurs, ce roman soulignait d’un trait noir toutes les carences affectives de l’Amérique des classes moyennes avec, en arrière-plan, la peinture d’une nation où les êtres ne savent plus quoi faire de leur liberté.

 La famille et ses dysfonctionnements abyssaux, on retrouve la vieille obsession de Franzen dans Purity, écrit en partie à Santa Cruz où il vit désormais. Un roman monstre, un projet pharaonique, une fresque pointilliste de 750 pages où les intrigues s’enchevêtrent pour dessiner la marche du monde avec, au cœur de la toile, une exploration de ce qui est devenu un septième continent – Internet. Pip Tyler, l’héroïne, a honte de son véritable prénom – Purity, si ridicule à porter – et elle s’escrime à le cacher. Dès qu’elle entre en scène, nous découvrons qu’elle est perturbée. Très perturbée. Une mère toxique et foutraque qui se dissimule sous un faux nom, un père dont elle ignore tout et dont l’absence la hante, voilà le douloureux héritage que doit assumer Pip, aussi caustique que fragile, née sans identité dans «un monde brisé».

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"April" d'Angelika Klüssendorf

aprilDisponible à la bibliothèque-médiathèque en français et en allemand sous la cote : KLÜS

Le destin d’April, fille de Leipzig

Découverte. Dans un roman dense remarqué outre-Rhin, Angelika Klüssendorf dépeint la vie d’une marginale de l’ex-République démocratique d’Allemagne passée à l’Ouest dans les années 80.

On ne sait quasiment rien ici d’Angelika Klüssendorf, cette romancière allemande née en 1958 à Ahrensburg, sinon qu’elle a longtemps vécu à Leipzig jusqu’à son installation en République fédérale d’Allemagne au milieu des années 80. Auteure de plusieurs livres, elle voit publier aujourd’hui en traduction française son texte phare, April, paru en Allemagne en 2014, couronné à juste titre par plusieurs prix littéraires, dont le fameux Hermann-Hesse.

L’histoire qu’elle relate dans ce livre au ton incisif semble avoir un substrat autobiographique ou, en tout cas, emprunte des lignes au parcours personnel de l’auteure. Comme elle, April tente de trouver son chemin à Leipzig dans l’atmosphère plombée du régime communiste. Qui ne contrôlait pas tout et ne pouvait empêcher la génération montante de jeter sa gourme. Entre foires et sorties bien arrosées, le roman met le lecteur au parfum des frasques d’une jeunesse qui se moque des slogans ronflants du régime. Venue d’une famille modeste et disloquée (un père absent et alcoolique, une mère dure et cruelle), la jeune et turbulente April, qui s’est choisi ce prénom en référence à une chanson de Deep Purple, se retrouve dans une institution. Objectif: resocialisation et apprentissage rapide.

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"Le nouveau nom" d'Elena Ferrante

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : FERR

ferranteUne fresque sociale sur fond d'amitié adolescente

On ne peut entrer dans l’univers d’Elena Ferrante qu’en acceptant de ne plus en ressortir, en particulier avec ce deuxième tome de sa saga napolitaine. Après l’inoubliable récit de «L’amie prodigieuse», «Le nouveau nom» poursuit les tumultes intérieurs de deux amies férocement inséparables, à l’âge de l’adolescence et de leur entrée douloureuse dans la vie adulte. Avec son écriture âpre et charnelle, rude et lumineuse à la fois, elle rend ses personnages hypnotiques, obsédants. Tout comme l’atmosphère enivrante de ces romans, qui transporte le lecteur des plages de l’île d’Ischia aux quartiers populaires de Naples, en passant par la célèbre place des Martyres ou les ruelles marchandes de la cité campanienne.

Le verbe d’Elena Ferrante est odorant, bruyant, visuel. Plein de fièvre, de brutalité et de sensualité. On ne lit pas «Le nouveau nom» avec passivité, on plonge dans ses tourments et ses fougues de jeunesse pour en ressortir chaviré, essoré par tant de vie et de souffle. De cruauté aussi.

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"La poupée de Kafka" de Fabrice Colin

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : COLEpoupeekafka

La véritable crevasse qui sépare le père et sa fille pourra-t-elle jamais se combler ? Professeur à laSorbonne, spécialiste de la littérature allemande (surtout celle de l'entre-deux-guer­res), Abel Spieler, un peu joueur avec la vie des autres — étudiantes séduites, femme trompée, fille délaissée —, est hanté par Franz Kafka, dont il connaît par coeur le Journal.

Julie Spieler, sa fille, orpheline de sa mère, et presque de son père qui, enfermé dans son bureau, a dressé «un écran opaque» entre lui et le monde, bien que lectrice à 6 ans de La Métamorphose et promise à de brillantes études, est ­finalement en rupture de ban. «Un con», dit-elle de son père. Mais elle l'aime.

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"D'après une histoire vraie" de Delphine de Vigan

viganLes romans de l'auteur sont disponibles à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : VIGA

Delphine de Vigan, la prime au roman policier

Le Prix Renaudot revient à une romancière chérie des lecteurs, qui sait restituer le quotidien, intime et familial. Avec «D’après une histoire vraie», elle salue un auteur qu’elle aime, Stephen King

Belle nouvelle: le Renaudot 2015 revient à Delphine de Vigan, romancière chérie des lecteurs, et des critiques, pour D’après une histoire vraie, subtil jeu de piste sur les coulisses de l’écriture, entre le réel et la fiction. Delphine de Vigan a connu un immense succès avec son livre précédent, Rien ne s’oppose à la nuit (2012, Prix des lectrices de Elle), où elle racontait l’histoire de sa mère, atteinte d’un trouble bipolaire, et d’une partie de sa famille.

Ce succès est le point de départ de D’après une histoire vraie. Le roman commence comme un récit voire le témoignage de l’écrivaine, au moment de ce raz-de-marée populaire, qui l’a laissée émotionnellement exsangue. Dans cet état de fragilité, la narratrice, qui se prénomme Delphine, va faire la connaissance d’une femme, L., qui va bientôt la placer sous son emprise.

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"La fille du train" de Paula Hawkins

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : HAWK

Fenêtre sur crimeHawkins-Train-Exe

Le premier roman policier de Paula Hawkins s’adresse à tous les pendulaires qui s’inventent des histoires en rêvant devant les fenêtres de leur train. Et s’ils étaient témoins d’un drame?

Passer son temps dans les trains n’a pas que des désavantages. D’abord parce que cela permet d’avoir des idées de roman policier. C’est le cas de Paula Hawkins, qui a esquissé ce premier roman lors de ses longs trajets de pendulaire londonienne. Ensuite parce que cela ouvre des fenêtres entières sur des univers étrangers. C’est le cas de Rachel, anti-héroïne de La Fille du train.

Récemment divorcée, Rachel est sur la mauvaise pente: elle glisse dans l’alcoolisme et perd son travail. Mais elle continue toutefois de penduler entre sa banlieue tranquille et Londres. Pour éviter que sa nouvelle colocataire se doute qu’elle a perdu son travail, mais surtout pour rester «normale». Elle passe ainsi des heures entières à regarder les paysages à travers la vitre du train et en particulier les habitants des maisons qui longent la voie de fer. Elle s’invente des histoires, des destins. Surtout à propos de ces deux amoureux, qu’elle appelle Jason et Jess. Ils lui rappellent son propre couple, avant que son mari ne la trompe et ne la quitte pour s’installer avec sa maîtresse.

Stupeur: un matin, Jason n’est pas là et Jess est avec un autre homme. Et quelques jours plus tard, Jess disparaît et fait la une des journaux.

 

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Chimamanda Ngozi Adichie: "Je veux parler des Africains de la classe moyenne"

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : ADICamericanah

Dans «Americanah», Chimamanda Ngozi Adichie décrit la vie de jeunes Nigérians qui naviguent entre l’Afrique, les Etats-Unis et l’Angleterre et qui découvrent les délices et les cruautés du monde occidental.
«J’avais envie d’écrire sur ce que je connais. Ces histoires-là, on ne les entend pas beaucoup hors d’Afrique. On s’attend à ce que les histoires venues de pays africains soient misérables, parlent de pauvreté, de guerre, des maladies, du sida, d’Ebola. Ces histoires-là sont intéressantes, bien sûr, mais elles sont loin de moi. Avec Americanah, dit Chimamanda Ngozi Adichie, je voulais parler de ce que je connais: des Africains de la classe moyenne, de ceux qui émigrent, quittent leur pays, pas parce qu’ils sont pauvres mais parce qu’ils cherchent quelque chose en plus. Ils attendent d’avantage de la vie et, surtout, ils veulent avoir le choix.»

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