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Coups de coeur

Chimamanda Ngozi Adichie: "Je veux parler des Africains de la classe moyenne"

Disponible à la bibliothèque-médiathèque sous la cote : ADICamericanah

Dans «Americanah», Chimamanda Ngozi Adichie décrit la vie de jeunes Nigérians qui naviguent entre l’Afrique, les Etats-Unis et l’Angleterre et qui découvrent les délices et les cruautés du monde occidental.
«J’avais envie d’écrire sur ce que je connais. Ces histoires-là, on ne les entend pas beaucoup hors d’Afrique. On s’attend à ce que les histoires venues de pays africains soient misérables, parlent de pauvreté, de guerre, des maladies, du sida, d’Ebola. Ces histoires-là sont intéressantes, bien sûr, mais elles sont loin de moi. Avec Americanah, dit Chimamanda Ngozi Adichie, je voulais parler de ce que je connais: des Africains de la classe moyenne, de ceux qui émigrent, quittent leur pays, pas parce qu’ils sont pauvres mais parce qu’ils cherchent quelque chose en plus. Ils attendent d’avantage de la vie et, surtout, ils veulent avoir le choix.»
(...)
Dans Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie s’invente une sorte de double littéraire nommé Ifemelu. Cette jeune Nigériane, confrontée aux grèves récurrentes de son université, poussée aussi par la curiosité, part pour les Etats-Unis rejoindre une tante, tandis que son amour d’enfance, Obinze, reste au Nigeria. Ses expériences américaines, d’abord très amères et dures, l’éloigneront de son amour nigérian. Mais peu à peu, sa vie américaine deviendra de plus en plus fructueuse et riche.

La galère de l’immigration s’estompe, mais pas la couleur noire de sa peau qui, découvre-t-elle avec stupeur, la range aux yeux des Américains dans une catégorie sociale bien précise: «Ma vie a été plus facile que celle d’Ifemelu. Mais là où mon expérience rejoint le roman, c’est dans ma découverte des races. Ifemelu découvre qu’elle est Noire en arrivant aux Etats-Unis. Au Nigeria, je n’avais jamais pensé à la race comme à un marqueur identitaire. Aux Etats-Unis, je me suis retrouvée avec une nouvelle identité, imposée. Et je n’avais pas le choix: en Amérique, j’étais Noire.» (...) La romancière se documente beaucoup, écrit lentement – cinq ans pour écrire Americanah, un roman plein de souffle, ciselé avec patience, épicé avec amour, parfois peut-être un peu lisse, mais très séduisant: «Je suis assez lente», avoue-t-elle lorsqu’il s’agit d’écrire. Pourtant l’écriture est là, depuis toujours: «J’ai l’impression d’être née pour ça, dit-elle. Je n’ai pas de souvenirs sans l’écriture. Petite, je voulais plus de livres et de cahiers, c’est ce qui me rendait heureuse. J’étais la seule de la famille à être «étrange». Ecrire n’est pas un projet considéré comme sérieux. Devenir docteur ou avocat, oui. Personne ne vous dit: tu dois devenir écrivain.» (...) Eléonore Sulser

Le Temps, le 31 janvier 2015

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